Ben – Le premier âne sauvé par ROLDA

Pendant 12 longues années, l’âne Ben a été transbahuté d’un propriétaire maltraitant à un autre. Aucun d’entre eux ne se souciait de Ben. Ils ne se sont même pas donné la peine de caresser ses oreilles ou son nez.

Aux yeux de ces propriétaires ignorants, Ben était juste un animal de travail exploité pour le profit.

ROLDA a sauvé Ben il y a quatre anset aujourd’hui encore il tressaille parfois de peur lorsque l’un d’entre nous s’avance pour le caresser. Quand Ben est arrivé à notre refuge, son corps entier était couvert de blessuresy compris sa tête. Il a fallu des mois pour que toutes ses blessures guérissent et à ce jour Ben souffre encore d’un traumatisme psychologique sévère en raison de la maltraitance qu’il a enduré durant toutes ces années.

Alors qu’il n’était qu’un ânon, Ben a dû porter de lourdes charges tous les jours sur des dizaines de kilomètres. Il était nourri juste suffisamment pour tenir le coup un peu plus chaque jour. Ben était forcé de travailler lorsqu’il était épuisé, déshydraté, malade ou lorsqu’il avait faim. Et si Ben refusait de travailler, il était sauvagement battu. Ben n’était pas désobéissant. Il était fatigué et apeuré !

D’une manière ou d’une autre Ben s’est débrouillé pour survivre durant dix ans chez divers villageois et paysans alors qu’il était surmené, jusqu’à ce qu’il soit vendu à un berger pour qu’il garde ses moutons. Mais même si Ben n’avait plus à travailler si dur, il était constamment maltraité par son propriétaire. Un jour, le berger n’avait plus l’utilité de Ben et il l’a abandonné au bord d’une route à l’extérieur du village.

Un vétérinaire a alors averti la police qui a finalement emmené Ben.

En fait il n’avait pas de nom. Nous l’avons appelé Ben.

Ben était couvert de blessures et de parasites, sévèrement déshydraté et très maigre. La première fois que j’ai mis mes bras autour de luij’ai senti ses côtes ressortir de sa peau. J’étais dévastée!

Mon coeur s’est brisé lorsque j’ai vu comme Ben était terrifié.

Lorsque j’ai entendu mes collègues dire que Ben n’avait probablement jamais mangé de carottes, j’ai commencé à pleurer parce que je ne pouvais pas y croire. Une carotte n’est pourtant pas si chère ? Aujourd’hui Ben mange des carottes avec passion. Il aime aussi les pommes. Un jour je lui ai même donné des poires – et il les aime aussi.

J’essaie toujours de faire ressentir mes émotions aux gens à travers ce que j’écris. Mon but n’est pas seulement de faire connaître ROLDA ou d’inciter les gens à faire des donsmais c’est aussi de les faire ressentir ce que vivent ces animaux sans défense comme Ben. Tous les animaux ont besoin de notre empathie.

Je n’avais encore jamais eu d’âne dont je devais m’occuper. Je n’avais encore jamais caressé un âne avant (sauf quand j’étais petite et que ma maman m’avait emmené voir des ânes et des poneys au zoo de Bucharest).

Ben et moi nous avons trouvé un moyen de communication. Il fait un drôle de bruit pour me saluer au loin. Lorsque je m’approche de lui, je lui parle gentiment avec une voix douce pour ne pas l’effrayer. Il nous a fallu des mois pour apprendre à Ben à faire à nouveau confiance en l’humain, en travaillant à son rythme, et en ne jamais le forçant à faire quelque chose qu’il ne voulait pas. Avec du temps et beaucoup de soutien, Ben a su surmonter son traumatisme.

De temps en temps il réagit encore timidement mais c’est plutôt lorsqu’un étranger s’approche de lui.

Peut-être que Ben ne pourra jamais réellement vaincre ses peurs, et peut-être que c’est une bonne chose. La peur n’est pas bonne lorsqu’elle perturbe ta viemais Ben a su profiter de sa vie avec nous ces quatre dernières années. Peut-être que cette peur profonde qui l’habite est la chose qui l’aide à rester en vie.

Nous sommes heureux que Ben passe ses vieux jours dans un endroit sécurisé et entouré de gens et de chiens qui l’aiment. Nous pensons que Ben a 20 ans. Nous ne pouvons pas changer le passé mais nous continuons à nous assurer qu’il ait un futur heureux.

Merci d’avoir lu l’histoire de Ben! Des milliers d’ânes souffrent en Roumanie, surtout dans les régions pauvres dans lesquelles ROLDA oeuvre. Ensemble nous pouvons changer les dernières années de vie de ces ânes et leur offrir une retraite sereine ainsi que la dignité et le respect qu’ils méritent.

Aidez ROLDA à construire un petit sanctuaire, peu coûteux mais douillet et bien équipé, où nous pourrons accueillir des ânes comme Ben.

Les ânes n’ont pas besoin de beaucoup d’espace ou d’installations luxurieuses mais ils vont prendre plaisir à recevoir des câlins et des friandises que notre équipe et les volontaires leur offriront chaque jour. Nous avons beaucoup d’espace pour construire quelque chose pour les ânes de Roumanie, quelque chose qui durera pour les générations à venir.